les noces


photo Gilles Serrand

Nous voici passés à une autre saison , et tout comme les arbres en fleurs , toutes les émotions du renouveau après le long sommeil d'hiver, ont été chassées par un fléau qui fait pencher la tête aux rares passants des rues désertes.

Les mariés attendront d'autres jours à l'horizon de nos espoirs , pour faire la noce ; dans les églises , des banderoles d'interdiction condamnent tous les bancs ; ici chez nous dans les Charentes Maritimes , un prêtre italien continue de fleurir les saints avec les modestes fleurs de son jardin, clochettes mauves, giroflées jaune orangé, et les grappes de l'arbre de Judée.

L'arbre de Judée , déjà si éphémère dans les ères d'insouciance, n'a pu retenir plus longtemps ses poussées de gouttelettes roses qui varient du clair au presque violet ; ses petites feuilles rondes se dessinent déjà sous l'effusion de ses drôles de pétales.

Les champs de coquelicot rougiront pour les beaux yeux des mouettes et des merles ;

nous nous somme mis en cage, et quelque chose se met à palpiter à l'intérieur , quelque chose que nous avions sans doute oublié. Bergson à l'aube des temps modernes avait appelé de tout son coeur ce "supplément d'âme" indispensable à la survie de notre humanité face à la technocratie. Cette petite chose fragile se manifeste enfin qui sait ; des chants nouveaux sortiront-ils de nos fenêtres , des appels et des réponds, des hymnes et des louanges audibles enfin comme le chant des oiseaux qui peut-être à Paris aussi domine la rumeur de la ville.

photo Gilles Serrand

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Anna Serrand : anneserrand@wanadoo.fr

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