il respire encore

Quand nous sommes arrivés à La Rochelle, une gérante d'agence immobilière nous a dit que c'était fini les universités d'été ; qu'il n'y avait plus de parti socialiste.

Alors quand j'ai vu dans la newsletter de La Rochelle l'annonce de l'université d'été j'ai bondi de joie, ou presque ; je me suis précipitée sur le site du parti socialiste pour m'inscrire mais il fallait payer et je l'avoue , j'ai rebroussé chemin ; j'ai tout de même tenté ma chance auprès du premier secrétaire de la région pour y aller gratis , à ces réunions, où ils allaient parler écologie je crois, si je me souviens bien du programme ; j'attends toujours sa réponse.

Je ne suis pas une assidue des nouvelles mais j'ai bien l'impression que ça n'a pas fait la une du vingt heures ni la deuxième , ni un entrefilet...

- Toc toc, y a quelqu'un ? C'est ouvert ? C'est bizarre, on dirait que c'est ouvert mais ça a l'air fermé.

Pourtant le sujet était bon pour leur université, avec le poumon de la Terre qui brûle...

On refait les pavés à La Rochelle ; ça va être tout clinquant, tout neuf ; il parait qu'à Paris aussi , ça continue les chantiers ; nous entrerions déjà dans une campagne pour la mairie je crois.

- pourtant j'ai pas la berlue, ils ont un site ; ils ont l'air vrai les gens sur les photos du site.

Mais c'est peut-être aussi la présidentielle ; c'était quand déjà l'intronisation de Macron ?

Nous allons bientôt avoir un nouveau festival à La Rochelle, moins important que celui de juin mais tout de même , il y a du beau monde qui vient de Paris.

On va découvrir le programme des films de la rentrée pour la télévision.

- franchement il fait un silence de mort là-dedans ; j'ai la chair de poule.

Ils sont peut-être en travaux mais ça devrait être fermé pendant les travaux ; c'est peut-être comme ces promoteurs qui vendent des appartements sur plan...

Je leur en veux, c'est vrai, je leur en veux ; ils ont laissé entrer par leur porte grande ouverte le désespoir avec sa cohorte de désabusés , de" si je ne le fais pas de toute façon un petit malin le fera et empochera tout alors je le fais, na."

Ils ont même dit " je vous en prie, faites comme chez vous"

L'idéal ne rime plus qu'avec Loréal ; on fait du packaging pour tout.

Je ne suis pas blasée, non, et les chantiers c'est beau parfois ; parfois on entend même les ouvriers chanter quand le temps s'y prête.

Et on ne peut plus chantonner qu'on est pour le parti d'en rire ; l'époque de Pierre Dac est bien derrière nous ; faire de l'esprit n'est plus dans le vent.

J'espère qu'au moins ils ont profité du bon air, ceux de l'université d'été ; qu'ils ont marché sur la passerelle Nelson Mandela, le nez vers le grand large.

Gilles Serrand

Gilles Serrand

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Anna Serrand : anneserrand@wanadoo.fr

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